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Centre International de Recherche et de Documentation sur le Monachisme Celtique

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10 juillet 2005
Jean-Yves Le Moing

Pouvoir et hagiographie - 02 juillet 2005

Le président, P.-Y. Lambert, a débuté la journée par l’assemblée générale, avec le rapport moral et la présentation des comptes financiers par le trésorier Job an Irien. Aziliz Bourgès a fait le point sur les activités. Le projet d’édition du Cartulaire de Landévennec a été évoqué. Les ouvrages épuisés de Britannia Monastica pourront être réédités sous forme numérique (.pdf) sur le site web de l’association.

Chiara Garavaglia, Introduction et développement du culte de saint Modéran, évêque de Rennes, en Italie

Chiara Garavaglia a exposé comment saint Modéran, évêque supposé de Rennes, partit en voyage pour Rome, probablement pour y chercher des reliques. Il s’arrête en route à Saint-Rémy où il reçoit quelques reliques. L’épisode de l’oubli et de la récupération de ces reliques près de l’abbaye de Berceto, non loin de Parme, sa rencontre avec le roi lombard le feront démissionner de sa charge d’évêque et revenir définitivement à l’abbaye de Berceto, où il est très vénéré. Il a une fontaine qui lui est consacrée près de l’abbaye.

Bernard Tanguy, De l’origine des anciennes litanies bretonnes des xe et xie siècles

Bernard Tanguy nous a présenté les origines des litanies bretonnes dites de Salisbury, de Reims, de Limoges, de Saint-Vougay, contenues dans des psautiers ou missels anciens. Il s’agit d’ouvrages rédigés en Bretagne continentale et expatriés par la suite. Les saints invoqués, bien que peu nombreux, permettent de localiser l’endroit où auraient été rédigés les ouvrages.

Ainsi, Salisbury semble venir du Léon, Reims de Cornouaille et plus précisément du pays Bigouden, Limoges de la région de Saint-Méen-le-Grand (évêché de Saint-Malo), Saint-Vougay de Landévennec.

Jacques Queinnec, La contribution du clergé breton aux décimes levées pendant la première moitié du règne de Philippe le Bel

Jacques Quéinnec a expliqué comment le roi Philippe le Bel a fait lever des décimes sur les dîmes perçues par le clergé pour financer des opérations militaires (croisades, y compris celle dite des Albigeois). Le droit de régale n’existait pas en Bretagne, mais l’appel à Tours pour lever des décimes impliquait que les évêchés bretons devaient y répondre ; ce qu’ils firent avec très peu d’empressement, le bilan financier étant très réduit pour l’apport breton. La levée de cinquantièmes sur le domaine royal n’a en revanche pas laissé de traces d’une contribution bretonne.

Armelle Le Huërou, Pour une redéfinition du corpus hagio-historiographique de Baudri de Bourgueil

Armelle Le Huërou a présenté les ouvrages attribués à l’archevêque de Dol Baudry de Bourgueil, montrant son peu d’empressement pour défendre les intérêts bretons, même s’il avait reçu le pallium du pape. Il paraît même plus normand que breton, et n’a jamais rédigé de chronique de Dol : ce document n’est qu’une recopie (traduite) d’une partie du carnet de notes de Pierre Le Baud. La note l’attribuant à Baudry est une mention manuscrite du xviiie siècle sur le document. Les Vies de saint Magloire et saint Malo qui lui sont attribuées ne seraient pas non plus son œuvre (style différent du sien).

Yves Morice, Le sceptre et le bâton : Visages et voix du pouvoir dans l’hagiographie de Landévennec

Yves Morice introduit son exposé par le paradoxe qu’il y a entre la vie d’ascèse et de contemplation menée par les saints et les relations complexes qui ont existé entre ces saints et le pouvoir en place. Bien souvent des liens de famille les unissent, comme Guénolé / Riwall ou Paul Aurélien / Withur. Les Vitae représentent les puissants sous des traits négatifs (Marc Conomor) ou en modèle idéalisé (Withur). Le roi des Francs, Childebert, se voit aussi mis en valeur. Les saints jouent souvent un rôle de régulateurs du pouvoir.