CIRDoMoC
Centre International de Recherche et de Documentation sur le Monachisme Celtique

Categories

Accueil du site > Association > Journées d’étude annuelles > 04 juillet 2009

10 juillet 2009
Jean-Yves Le Moing

04 juillet 2009

La journée a débuté par un hommage de Pierre-Yves Lambert à Gwennolé Le Menn, récemment décédé ; puis a eu lieu l’assemblée générale, avec rapport moral et rapport financier ; il a été procédé ensuite au renouvellement du conseil d’administration, puis à une légère modification des statuts afin de ne pas renouveler en totalité le conseil d’administration tous les cinq ans. Un point a été fait sur les projets importants : les mélanges à Hubert Guillotel sortiront à la fin de l’année, le cartulaire de Landévennec sera publié fin 2010 ou 2011.

Magali Coumert, La géographie des origines bretonnes et britanniques

En présentant un réexamen des dénominations anciennes Dumnonia et Cornubia, Magali Coumert s’est attachée à montrer que les attributions à la Bretagne continentale des appellations de la Domnonée et de la Cornouaille étaient peut-être à rétablir pour la Grande-Bretagne, remettant en question l’existence de royaumes doubles de part et d’autre de la Manche. Cornwall et Devon ne font qu’un royaume dit Domnonée jusqu’en 710, date de la conquête du Devon par les Saxons. La Cornouaille apparaît alors, indépendante jusqu’en 875. Il serait ainsi impossible d’avoir un royaume double de Cornouaille avant 700. Dans la vie de saint Samson, la mention Britannia devrait se rapporter à la Grande-Bretagne et la mention Romania au continent. Ceci permet aussi de penser que les rois francs ont exercé une tutelle sur le sud-ouest de la Grande-Bretagne, par lien avec les élites saxonnes. L’appellation Cornu Galliae n’apparaît qu’au xe siècle, et est très postérieure à celle de Cornubia. La partition de la Bretagne continentale entre Domnonée et Cournouaille n’existe que par Landévennec jusqu’au ixe siècle.

Mathieu Glaz, Un évêque de Saint-Brieuc et son entourage : Christophe de Penmarc’h (1478-1505)

C’est un prélat politique qui se trouve à la tête de l’épiscopat briochin à cette période clé qu’est la fin du xve siècle en Bretagne ; de nombreuses sources de l’époque dont son testament, les statuts synodaux, des documents de procès, aident à mieux percevoir Christophe de Penmarc’h, né vers 1444, septième d’une famille de huit enfants, qui doit sa formation et le lancement de sa carrière à son oncle, le cardinal de Coëtivy, archevêque d’Avignon. Christophe de Penmarc’h devient évêque de Saint-Brieuc en 1478, et doit subir la concurrence acharnée sur ce poste de Pierre de Laval, dont la famille fait partie des proches du duc. Mais il obtient gain de cause en s’adressant directement au pape ; pourtant, cela entraîne des troubles jusqu’en 1486, aussi bien avec le prévôt qu’avec les chanoines. D’où une reprise en main assez violente, mais une volonté ferme qui installe la famille proche dans l’entourage de l’évêque (frère, neveux et nièces) : on est dans un cas typique de népotisme. L’entourage spirituel se veut plus orienté vers les idéaux des ordres mendiants (franciscains, cordeliers, reclus).

Martine Fabre, Les signes de pouvoir à Landévennec

Des recherches sur le patrimoine vivant (comme la cloche de l’église de Landévennec), le mobilier archéologique des fouilles (avec Annie Bardel) ou les sources documentaires des archives départementales ont permis à Martine Fabre de nous présenter avec projection à l’écran les témoignages survivants des symboles du pouvoir, les sceaux sur cloche, sur verre ou en objet isolé, les crosses d’abbés trouvées lors des fouilles et les diverses marques de visite ou de métier.

Patrice Lajoye, Les implantations monastiques bretonnes en Neustrie

Résidant à Lisieux, Patrice Lajoye a effectué des recherches sur les prêtres, moines et évêques venus d’Outre-Manche au haut Moyen-Age sur le territoire de la province de Rouen. Quelques sources donnent des indices possibles, comme ces hérétiques pélagiens exilés d’Outre-Manche, des Vita de saints bretons, ou des toponymes comme Canivet ou Bretteville. Un rapport assez fort entre Saxons et Bretons près de Bayeux semble possible. Saint Mellon, premier évêque de Rouen, pourrait venir de Grande-Bretagne. On ré-ouvre le dossier de saint Tudwal évêque de Lisieux (Lexobia). D’autres noms, rarement bretons, pourraient être liés à des personnages venus de Grande-Bretagne (gallo-romains, saxons) ; un saint Clair serait venu à Mocdunum, peut-être ancien Magodunum devenu Mohon-sur-Elle. Un nom Cinomael attire pourtant l’attention, parmi les Potentinus, Saëns, Ribert, Candide, Judy.

Jean-Yves Le Moing, Notes sur la francisation de noms de saints bretons

Travail initié avec Gwennolé Le Menn.

Si le remplacement d’un saint breton par un saint d’origine gallo-romaine peut paraître assez fréquent, il ne semble pas y avoir eu de volonté délibérée de le faire ; c’est plutôt l’opportunité de remplacer un saint quasi inconnu par un autre au nom proche mais plus célèbre et qui va attirer plus de monde aux fêtes religieuses locales. Pourtant, il y a une exception, celle de saint Renan (ou Ronan), remplacé par saint René à Hillion : on peut penser que la décision a été prise par une personne étrangère à la Bretagne, car saint Ronan est supposé être décédé à Hillion.

Sinon, on trouve des couples aux noms proches comme Cleden / Clet, Rumon / Raymond, Tugen / Eugène, Barvet / Barbe, Inan / Aignan, Iunau / Ignace, Bieuzy / Eusèbe, David / Avit , Molff / Maiol, Rien / Adrien.